27 septembre 2011

Dédition de Nice à la Savoie en 1388: les véritables enjeux pour le Pays de Nice !

d_dition__1_Les Niçois se sont toujours rebellés contre les féodaux provençaux qui voulaient les asservir. En 1108, ils franchirent définitivement le pas en proclamant leur indépendance. Ils élisaient leurs consuls, édictaient leurs lois, passaient des traités et accomplissaient tous actes de souveraineté.  Plusieurs fois envahie par la suite, Nice se révolta à nouveau et rétablit le municipe. Après le décès de Louis d’Anjou en 1384 et l’assassinat de Charles de Duras roi de Sicile et de Hongrie en 1386, les tuteurs de leurs héritiers se disputèrent la Provence ; les Niçois avaient choisi Ladislas de Duras, car son père leur avait conservé toutes les franchises municipales. En 1388, la Maison d’Anjou, branche cadette de la Maison de France, envoya une puissante armée pour réduire Nice. Mais Ladislas et sa tutrice la reine Marguerite, assiégés dans Gaète, ne pouvaient protéger Nice des Angevins. Marguerite donc donna l’autorisation aux émissaires niçois de traiter selon leurs souhaits. Le comte de Beuil, gouverneur de Nice, après l’avis du grand Conseil, négocia avec le comte de Savoie. L’armée angevine campait déjà devant Saint-Paul de Vence, quand le comte de Savoie arrivant par les cols, établit son camp à Saint-Pons.

Une assemblée plénière des habitants fut convoquée, et après avoir délibéré « a tiertia usque ad vesperas » (de la 3ème heure jusqu’aux vêpres) les Niçois décidèrent de traiter avec le comte de Savoie. Leurs délégués se rendirent à Saint-Pons et établirent avec le nouvel allié une charte déclinée en 34 articles . En échange de sa protection, les Niçois accordaient un protectorat conditionnel au comte de Savoie. Aucun des 34 articles de la charte ne fait allusion à la naissance du « Comté de Nice ». Les termes employés pour désigner le Pays de Nice dans son ensemble étaient bien avant le 28 septembre 1388 « Nice et sa viguerie » ! 

En 1388, Nice allait être attaquée une nouvelle fois par les provençaux dont l’armée campait déjà à Saint-Paul de Vence. Deux solutions s’offraient aux Niçois: combattre ou trouver un puissant allié qui les protégerait militairement tout en respectant leurs droits inaliénables. Le traité conditionnel ne fut nullement imposé aux Niçois comme certains historiens le prétendent mais choisirent souverainement et librement ; d’ailleurs le comte de Savoie était arrivé à Saint-Pons avec une centaine d’hommes d’armes et sa cour et non à la tête d’une armée d’invasion.

L'abrogation du traité signé en 1388: Victor emmanuel II délia Nice de son serment de fidélité à sa personne et à sa dynastie le 27 mars 1860. Le traité de Turin signé le 24 mars 1860 était illégal car il violait l' Article 4 de la charte de 1388 ( le comte de Savoie ne pourrait jamais céder le Pays de Nice au comte de Provence ou au roi de France, pas plus qu’à aucun autre seigneur) ! A cette date, la charte de 1388 étant caduque, le Pays de Nice retrouvait légalement son indépendance en même temps que sa pleine souveraineté. Cet acte qui abrogeait tout lien de droit entre la maison de Savoie et Nice, et par voie de conséquence tout lien de droit entre cette dernière et la Sardaigne, établissait incontestablement l’indépendance du Pays de Nice.

Le traité signé en 1388 a été un tournant important dans l'histoire du Peuple Niçois, son abrogation du 27 mars 1860 l'a été encore plus étant donné qu'à cette date le Pays de Nice retrouvait légalement son entière souveraineté !