24 septembre 2012

Naissance du Comté de Nice: Nissartitude et falsification historique vont de pair !

Affirmer que la Dédition de 1388 est l'acte fondateur du Comté de Nice, est quelque peu réducteur...
Selon ce raisonnement plus pervers qu'il n'y paraît, en supposant que le Comté de Nice soit né de la signature du traité conditionnel avec la Maison de Savoie en 1388, le 27 mars 1860, date de l'abrogation du même traité par Victor emmanuel II qui en déliant Nice de son serment de fidélité à sa personne et à sa dynastie deviendrait par voie de conséquence le jour de la mort du Comté de Nice en tant que pays laissant derrière lui seulement un folklore désuet ! Cette interprétation volontairement biaisée de notre histoire convient bien évidemment au falsificateurs de notre histoire...

La mort étant irréversible, il devient alors plus facile de faire accepter à un Peuple dépouillé de sa véritable nationalité (qui par défaut devient "français soit") l'annexion scélérate de 1860, la repression du soulèvement séparatiste de 1871 ainsi que ses droits inaliénables bafoués en 1947 révélés par la LRLN et superbement ignorés jusqu'à présent par certains soi-disant gardiens de l'identité niçoise...

La réalité historique et juridique est qu'à cette date, la charte de 1388 étant devenue caduque, le Pays de Nice retrouvait légalement son indépendance en même temps que sa pleine souveraineté ! Le traité signé en 1388 a été un tournant important dans l'histoire du Peuple Niçois, son abrogation du 27 mars 1860 l'a été encore plus étant donné qu'à cette date le Pays de Nice retrouvait légalement son entière souveraineté !


signature___St_Pons_1388_2003En 2003, Le président de la LRLN Alain Roullier-Laurens et le fondateur de la ligue Savoisienne Jean de Pingon (signataires de la Déclaration de Genève le 24 mars 2010) avaient symboliquement réédité la signature de la dédition de 1388 non pas dans un esprit folklorique et figé mais dans une démarche de Vérité historique, juridique et politique.


 

Alpes maritimaeEn 31 avant J-C, l'empire romain considérait déjà notre "province" comme une entité à part entière où vivait un Peuple clairement identifié au même titre que ceux des autres provinces romaines, bien avant 1388 les nombreux actes souverains montraient de façon éclatante que Nice et sa viguerie ( "Pays de Nice" ou  "Comté de Nice" peu importe comment on le nomme) existait bien avant le 28 septembre 1388 !

Il n'est point besoin de se justifier par la nissartitude quand on est vraiment Niçois, un Niçois se reconnait à sa mentalité pas à une supposée attitude... 


27 septembre 2011

Dédition de Nice à la Savoie en 1388: les véritables enjeux pour le Pays de Nice !

d_dition__1_Les Niçois se sont toujours rebellés contre les féodaux provençaux qui voulaient les asservir. En 1108, ils franchirent définitivement le pas en proclamant leur indépendance. Ils élisaient leurs consuls, édictaient leurs lois, passaient des traités et accomplissaient tous actes de souveraineté.  Plusieurs fois envahie par la suite, Nice se révolta à nouveau et rétablit le municipe. Après le décès de Louis d’Anjou en 1384 et l’assassinat de Charles de Duras roi de Sicile et de Hongrie en 1386, les tuteurs de leurs héritiers se disputèrent la Provence ; les Niçois avaient choisi Ladislas de Duras, car son père leur avait conservé toutes les franchises municipales. En 1388, la Maison d’Anjou, branche cadette de la Maison de France, envoya une puissante armée pour réduire Nice. Mais Ladislas et sa tutrice la reine Marguerite, assiégés dans Gaète, ne pouvaient protéger Nice des Angevins. Marguerite donc donna l’autorisation aux émissaires niçois de traiter selon leurs souhaits. Le comte de Beuil, gouverneur de Nice, après l’avis du grand Conseil, négocia avec le comte de Savoie. L’armée angevine campait déjà devant Saint-Paul de Vence, quand le comte de Savoie arrivant par les cols, établit son camp à Saint-Pons.

Une assemblée plénière des habitants fut convoquée, et après avoir délibéré « a tiertia usque ad vesperas » (de la 3ème heure jusqu’aux vêpres) les Niçois décidèrent de traiter avec le comte de Savoie. Leurs délégués se rendirent à Saint-Pons et établirent avec le nouvel allié une charte déclinée en 34 articles . En échange de sa protection, les Niçois accordaient un protectorat conditionnel au comte de Savoie. Aucun des 34 articles de la charte ne fait allusion à la naissance du « Comté de Nice ». Les termes employés pour désigner le Pays de Nice dans son ensemble étaient bien avant le 28 septembre 1388 « Nice et sa viguerie » ! 

En 1388, Nice allait être attaquée une nouvelle fois par les provençaux dont l’armée campait déjà à Saint-Paul de Vence. Deux solutions s’offraient aux Niçois: combattre ou trouver un puissant allié qui les protégerait militairement tout en respectant leurs droits inaliénables. Le traité conditionnel ne fut nullement imposé aux Niçois comme certains historiens le prétendent mais choisirent souverainement et librement ; d’ailleurs le comte de Savoie était arrivé à Saint-Pons avec une centaine d’hommes d’armes et sa cour et non à la tête d’une armée d’invasion.

L'abrogation du traité signé en 1388: Victor emmanuel II délia Nice de son serment de fidélité à sa personne et à sa dynastie le 27 mars 1860. Le traité de Turin signé le 24 mars 1860 était illégal car il violait l' Article 4 de la charte de 1388 ( le comte de Savoie ne pourrait jamais céder le Pays de Nice au comte de Provence ou au roi de France, pas plus qu’à aucun autre seigneur) ! A cette date, la charte de 1388 étant caduque, le Pays de Nice retrouvait légalement son indépendance en même temps que sa pleine souveraineté. Cet acte qui abrogeait tout lien de droit entre la maison de Savoie et Nice, et par voie de conséquence tout lien de droit entre cette dernière et la Sardaigne, établissait incontestablement l’indépendance du Pays de Nice.

Le traité signé en 1388 a été un tournant important dans l'histoire du Peuple Niçois, son abrogation du 27 mars 1860 l'a été encore plus étant donné qu'à cette date le Pays de Nice retrouvait légalement son entière souveraineté !