Bicentenaire d'un traité capital entre la Suisse et la Savoie !

 

Avant 1815, la neutralité suisse n'était pas respectée, ainsi en 1799 la ville de Zurich était-elle occupée par des troupes russes qu'assiégeait l'armée française.  Ce sont les actes du Congrès de Vienne de 1815 qui établissent la neutralité de la Suisse et celle de la Savoie.

Le Traité de Turin du 16 mars 1816, entre la Savoie et la Suisse, consacre un échange: la Savoie cède des territoires à Genève qui devient un canton helvétique, en contrepartie, la Suisse garantit la neutralité de la Savoie qui manquait de troupes pour assurer la protection de son territoire, les ducs de Savoie ayant transféré leur capitale de Chambéry à Turin. Le Protocole du Congrès de Vienne et son corollaire le Traité de Turin stipulent qu'il s'agit bien d'un échange: La Savoie cède 24 communes à la Suisse, dont la ville de Carouge, et la neutralité de la Savoie intègre celle de la Suisse qui doit l'assurer en temps de guerre. 

 Le 24 mars 1860 la Savoie est annexée par la France suite à une occupation militaire de deux cent mille hommes et un vote truqué, ( pas de bulletins NON, pas d'isoloirs dans les bureaux de vote, l'abstention interdite et l'envoi au bagne de Cayenne, sans jugement, des opposants à l'annexion). Cependant la neutralité de la Savoie perdure et est consacrée par l'article 2 du Traité d'annexion, cela car la France ne peut remettre en cause les actes du Congrès de Vienne et leur corollaire. Ainsi, le 14 décembre 1883, Jules Ferry, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères de la France écrit-il à l'ambassadeur de Suisse en France: 

"... dans les études pour la mobilisation, l'État français s'est engagé à respecter complètement le territoire neutralisé, (de la Savoie)." 

La neutralité de la Savoie était une condition sine qua non de l'annexion, la Suisse devait l'assurer et la France la respecter. La Suisse et la France ne pouvaient trahir la neutralité de la Savoie sans remettre en cause l'intégrité de leurs propres territoires, soit la perte de plus du tiers de la superficie du canton de Genève pour la Suisse et la perte du territoire de la Savoie annexée pour la France.

 Le 1er Août 1914 l'ordre de mobilisation générale est décrété en France. 

Le 4 Août 1914, le Conseil fédéral suisse proclame sa neutralité dans une déclaration où la Suisse affirme son droit d'occuper militairement la Savoie neutralisée. Pourtant, ce n'était pas un droit, mais un devoir. Mais en faisant d'un devoir un droit, la Suisse pourra ensuite le négocier comme un bien.

Les Savoisiens, (comme les Suisses), étaient astreints au service militaire et pouvaient être mobilisés en temps de guerre, mais ils ne devaient pas servir ailleurs que sur le territoire de la Savoie et ne pouvaient, en aucun cas, être envoyés guerroyer hors de ce territoire. Pourtant leur division, la 28ème, fut directement envoyée au front. Ils seront pris entre deux feux : l’allemand et le français. Parfois même, l'artillerie française les utilisera pour ses tirs de réglage ! Deux sur trois n’en reviendront pas.

 Savoie et Haute-Savoie seront les départements de France qui auront à déplorer, proportionnellement à leur population, le plus de victimes lors de cette guerre. 

C’est ainsi que la France acheva ce qu’elle avait commencé en 1860 : mettre la main sur le territoire de la Savoie puis anéantir ses forces vives afin de le conserver à jamais. 

Car c’est bien d’un anéantissement concerté dont il s’agissait. 

Pour une population de 503,000 habitants, la Savoie comptera 22,400 morts au combat, auxquels s’ajouteront 17,200 grands blessés dont la plupart décèdera dans les années suivant la fin de la guerre tandis que les autres souffriront jusqu’à leurs derniers jours de leurs cruelles blessures.

C’est l'anéantissement concerté de toute une génération, de tous ceux en âge de porter les armes et qui auraient certainement suivi leurs aînés qui, à compter de 1905, commençaient à remettre officiellement en cause l’annexion de la Savoie.

 C’est ainsi que la France perpétra le génocide savoisien.

Selon le droit international, un génocide c’est « l’extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d’un groupe, ou d’une partie d’un groupe, en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales. »

Les Savoisiens mobilisés par la France étaient ressortissants d’un pays alpin fraîchement annexé et constituaient incontestablement une partie d’un groupe ethnique. Les avoir envoyés au front d’une guerre, alors qu’ils étaient au bénéfice d'une neutralité reconnue comme institution de droit international, dénote la volonté de les exterminer en les utilisant comme chair à canon. L’extermination de cette partie d’un groupe ethnique revêt un caractère systématique puisque la majorité des mobilisés a trouvé la mort lors de ce conflit alors que les pertes globales pour les troupes françaises n'excédèrent jamais 23% des effectifs. Il s'agit donc bien d'un génocide programmé afin d'anéantir un peuple dont la France avait illégalement annexé le territoire.

 Et s’il fallait une preuve supplémentaire de ce génocide, il suffit de se reporter à l’article 435 du Traité de Versailles du 28 juin 1919. Cet article supprime la neutralité savoisienne et ses zones franches. 

Et pourquoi donc avoir attendu la fin de la guerre pour officialiser cette trahison? Parce qu’il fallait avoir auparavant exterminé les Savoisiens afin que nul ne puisse la dénoncer et aussi avoir l'assentiment de la Suisse pour pouvoir la perpétrer. En effet, sans l'accord tacite de la Suisse, le génocide savoisien et la suppression de leurs droits qui le suivit n'auraient pu se réaliser. Et pour anéantir toute velléité de protestation de la part des quelques survivants, la France fit occuper la Savoie du Nord par ses troupes de goumiers marocains, mercenaires de sinistre réputation. 

L'histoire se répétait: peu après l'annexion de 1860, comme à la faveur de la chute de l'Empire la Savoie du Nord commençait à remettre en cause cette annexion, Louis-Adolphe Thiers la fit occuper par des troupes qui venaient de briser la Commune à l'issue de la "Semaine sanglante". La France a toujours eu coutume de déployer en Savoie les pires de ses soudards; les hordes révolutionnaires en 1793, (3 jours de pillage dans le val de Thônes), les sanglants "Versaillais" en 1871, les goumiers marocains en 1918.

 Dès le début de la guerre, les gouvernements suisse et français avaient passé un marché: La France respecterait la neutralité de la Suisse en abandonnant son premier plan d'attaque qui consistait à passer par le plateau suisse pour tourner l'armée allemande. En contrepartie, la Suisse ne bougerait pas pour faire respecter la neutralité savoisienne et, à l'issue de la guerre, la neutralité de la Suisse serait confirmée et les droits des Savoisiens abolis. La suite montrera que ce marché, passé sur le dos des Savoisiens, fut respecté.

 La Suisse n'était pas belligérante en 14-18, pourtant elle sera présente au traité de Versailles du 28 juin 1919. C'est l'article 435 de ce traité qui consacrera le pacte écrit avec le sang des Savoisiens:  " Les Hautes-Parties contractantes, tout en reconnaissant les garanties stipulées en faveur de la Suisse par les traités de 1815 (...) constatent cependant que les stipulations de ces traités (...) relatifs à la zone neutralisée de la Savoie (...) ne correspondent plus aux circonstances actuelles . En conséquence, les Hautes-Parties contractantes prennent acte de l'accord intervenu entre le Gouvernement français et le Gouvernement suisse pour l'abrogation des stipulations relatives à cette zone qui sont et demeurent abrogées."

C'est ainsi que la neutralité de la Suisse fut respectée durant la première guerre mondiale et confirmée à l'issue de cette guerre pour qu'elle demeurât garantie dans le prochain conflit que quelques observateurs lucides voyaient déjà se profiler à cause du sort réservé aux vaincus.

La neutralité de la Suisse est, pour une grande part, source de sa prospérité actuelle. Genève est l'un des plus dynamiques cantons de Suisse. Que tout cela soit fondé sur une trahison n'est pour beaucoup pas même un détail de l'histoire. Pourtant, c'est un fait: le pacte 3 franco-suisse de 1914-18, qui a assuré le respect de la neutralité suisse pendant les deux guerres mondiales, repose sur les cadavres  et les souffrances de près de quarante mille Jeunes hommes de Savoie, ce pacte repose sur une génération anéantie, sur un génocide. 

 On ne peut conserver des traités en en supprimant les principales clauses, l'article 435 du Traité de Versailles du 28 juin 1919 a rendu caducs le Traité de Turin du 16 mars 1816 et le Traité d’annexion du 24 mars 1860.  Pourtant, pour la Suisse et la France, ces traités sont toujours en vigueur et ces deux pays conservent les territoires de la Savoie tout en ayant remis en cause leurs conditions d'annexion. 

C'est le vol après l'assassinat.

 Mais les Savoisiens sont toujours là et ils n'ont pas oublié les trahisons et leurs aïeux exterminés par la France. Le 13 décembre dernier, l’un d’eux écrivait à Didier Burkhalter, Chef du Département fédéral des affaires étrangères, président de la Confédération Helvétique en 2014, pour lui exprimer son inquiétude quant à la conjoncture internationale et lui demander de se prononcer sur la neutralité de la Savoie. 

Le 13 janvier 2016, Didier Burkhalter lui répondit: "En vertu du droit international, la Savoie fait partie de la République française, Dès lors, la Suisse ne reconnaît pas la Savoie en tant qu'État et n'est, par conséquent, pas en mesure de reconnaître la neutralité de celle-ci."

 En 2012  l'ONU  a refusé d'accéder à la demande du Gouvernement français qui lui demandait d'enregistrer le traité d'annexion du 24 mars 1860. 

Ainsi, contrairement à ce qu'avance Monsieur Burkhalter, selon le droit international la Savoie ne fait plus partie de la République française.

C'est Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères qui, suite aux révélations de Jean de Pingon, avait été contraint d'effectuer cette demande en 2010. 

Mais le Secrétariat des Nations Unies a refusé d'enregistrer ce traité désormais abrogé, la France ayant bafoué les termes du Traité de Turin du 16 mars 1816, du Traité d'annexion de la Savoie du 24 mars 1860, et du Traité de Paris du 10 février 1947 ainsi que l'expose le mémoire adressé au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies par Alain Roullier-Laurens et Jean de Pingon au lendemain de la requête française.

 Bientôt la France s'écroulera et la Savoie renaîtra comme un État indépendant au cœur de l'Europe, car les Savoisiens n'ont pas oublié leur pays; ils le portent toujours en eux comme une blessure que seule sa renaissance pourra cicatriser. Aujourd'hui, ils exigent que la vérité de l'histoire soit rétablie, que le génocide savoisien soit reconnu et que la Suisse respecte les termes du Traité de Turin du 16 mars 1816 en assurant la neutralité de la Savoie en cas de conflit si elle veut conserver les acquis de ce traité.

Ce sont là les conditions pour que, lorsque la Savoie renaîtra, la communauté historique, géographique et économique des Suisses et des Savoisiens puisse devenir le ferment d'une nouvelle alliance.

 Consulat de Savoie. La Condémine. Chemin de Condémine. CH-1410 Saint-Cierges. Switzerland.

 consulatdesavoie.ch

 

 

 

 

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28 août 2012

ALLIANZ RIVIERA: 0% Nissart mais 100% Vergougna !

allianz_riviera« Le nom attribué au futur Grand stade de Nice a stupéfait la population et les supporters : les responsables ont fait le choix de la honte, alors que tout le monde attendait qu’ils fassent le choix de la gloire en le baptisant « Garibaldi ».  Dans une société française  où tout est à vendre, il n’est pas étonnant que l’argent ait conduit certains à cette intolérable indignité.

« Dans une ville qui a eu beaucoup à souffrir le l’occupation lors de la seconde guerre mondiale, où l’on a fusillé des jeunes otages du Lycée Masséna, torturé des résistants, déporté opposants et minorités religieuses, d’où des convois sont partis  vers les camps d’extermination, nommer « Allianz » le grand stade de Nice est une insulte à leur mémoire. C’est aussi une insulte à leurs descendants, qui décemment ne pourront pas mettre les pieds dans un stade qui porte le nom d’une société qui à l’époque nazie assurait entre autre le personnel du camp d’extermination d’Auschwitz, et les bâtiments, fours crématoires, laboratoires où l’on procédait à de hideuses expériences,  et sans doute aussi les chambres à gaz et les stocks de Zyklon B.

 « Après la destruction, lors  de la nuit de cristal, des biens appartenant à des juifs, soit 200  synagogues et 6500 magasins, puis à l'exode et aux déportations qui suivirent, cette société qui assurait beaucoup des  biens détruits, remboursa... les nazis auteurs des déprédations !

 Allianz_kurt_smith« Cette société, autrefois très liée au parti nazi, dont le directeur général Kurt Schmitt devint même ministre du Reich, en ne changeant pas de nom après la guerre, a montré clairement qu’elle ne rejetait pas catégoriquement son noir passé qu’il convient de rappeler brièvement. Fouiller dans les latrines de l’Histoire n’est point agréable, mais il convient de le faire, pour rappeler aux financiers immoraux que l’indignité flétrit, qu’elle marque une société au fer rouge, et que l’honneur, et la dignité  n’ont pas de prix.

 « Aux Etats-Unis, où pourtant le capitalisme règne, une levée de bouclier a empêché ce qui malheureusement est arrivé à Nice. En effet, alors que cette société s’implantait dans le pays, la presse et notamment le New York Time, dévoilèrent, en 2008, les négociations secrètes de la société Allianz avec les équipes New-Yorkaises des « Jets » et des « Giants » aux fins de donner son nom au stade de Meadowlands en échange du versement de 25 millions de dollars par an à ces deux équipes. Les journaux dévoilèrent  à cette occasion « que cette société assurait les installations des camps de concentration et adressait aux nazis l’argent dû  aux légitimes bénéficiaires Juifs »...

 ALLIANZ_RIVIERA_STADIUM« La présidente Républicaine du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, dénonça, elle aussi le scandale et déclara dans les médias : « Allianz n’est pas un conglomérat ordinaire de l’assurance ;  cette compagnie a été impliquée dans l’une des plus grandes atrocités de l’histoire récente et a usé de longues manœuvres dilatoires pour éviter d'affronter la responsabilité de ses actes. Il est largement temps pour Allianz de payer sa dette aux survivants et aux familles qui ont souffert des conséquences de l‘Holocauste ». Des procès sont d’ailleurs toujours en cours, initiés par les victimes et leurs descendants.

Intégralité du communiqué >>> NOM DU GRAND STADE DE NICE : LE CHOIX DE LA HONTE !!! - Parti Niçois - Partit Nissart - site officiel

 

20 avril 2009

Madagascar 1947: quand la France nommait les génocides "pacification"!

soumission_des_rebelles(D'Antananarivo) 47 vous-dit-elle quelque chose ?
29 mars 1947. Une date. Une simple date. De printemps. De massacre. L'histoire de France n'a-t-elle pas basculé ce jour-là sous les assauts de quelques indigènes armés de sagaie, de lance et de flamme ?
Peut-on le dire ?
Que l'histoire de France, la grande histoire de France, s'est infléchie sous les coups de quelques sauvages croyant fort à la puissance de leurs amulettes et talismans ?        

La France eut-elle à partir de ce jour-là les mêmes rapports, les mêmes liens avec ses colonies ? N'a-t-elle pas choisi désormais la répression et l'abandon de ses idéaux nés de la Révolution de 1789 ? Tous les hommes naissent libres et égaux en droits… L'Indochine suivra très vite, l'Algérie, le Cameroun…

Faisant suite aux promesses d'après-guerre d'accorder liberté aux colonies, faisant suite aux espoirs nés de la victoire contre le fascisme et le nazisme, Madagascar ou toute autre colonie ne pouvait-elle pas espérer vivre enfin hors domination, hors indigénat et humiliation perpétuelle ? Ce pays pouvait-il dépasser son statut de dominé, sortir de cette situation étrange d'infériorité accolée à sa « race » ? Pouvait-il mener sa propre histoire ? Les colonies ne pouvaient-ils plus faire confiance à la parole de la France ? Celle des Lumières, superbe promesse d'humanisme ?

Las, la France d'alors, 1946, choisit de maquiller les promesses et refusa toute idée d'indépendance. Rejetant l'idée d'autonomie dans l'union française proposée par l'Etat français, les Malgaches se soulevèrent, choisirent d'être rebelles. La politique a perdu, les armes ont parlé.

1947 ou cette arrogance, ce désir de ne pas lâcher sa proie -main d'œuvre, marchés et ressources des colonies… 1947 ou ce refus de reconnaître l'humanité pleine de l'Autre, cette soif d'exploitation prenant le pas sur toute autre considération… Le 29 mars 1947, à Moramanga, les rebelles malgaches se lancèrent dans un assaut sans espoir.

Si la première nuit fut de victoire, les suivantes furent de cauchemar. Des massacres et des exactions en nombre, des fusillades sans fin et des exécutions sommaires. Des « enquêtes ». Des « questions ». Des dizaines de milliers de morts civils, de faim, de maladie. Des milliers de réfugiés en fuite devant la guerre, guerre coloniale. L'expérimentation de tout ce qui allait suivre en Algérie. En tout : l'impossibilité de chiffrer les morts, tant on a tué… 89000 morts selon l'armée française en 1949. 11000 morts, chiffre officiel et risible un an plus tard ( le chiffre de 200000 semble le plus probable) .

Les années suivantes furent de négation. Les années suivantes furent de silence. On brûla des archives. On classa des archives. On ferma des archives. On ne jugeât point. Sauf les Malgaches, coupables pour avoir refusé l'injustice du colonialisme.

A l'indépendance, promesse toujours d'une vie commune, dans une humanité partagée, dans un élan démocratique respectueux de chacun, dans des rêves de progrès universel. On appela cela coopération. Mutisme et complicité. Dictature. Corruption. Silence toujours. L'oubli a succédé. Les générations furent autant de couches de linceuls naturelles. C'est ce qu'on a cru.

sources RUE 89

19 avril 2009

Génocide rwandais: arguments accablant la France !

FRANCE AVRIL 2004 / UN DOCUMENT D’AMNESTY INTERNATIONAL
Le génocide rwandais : 10 ans déjà
LA FRANCE DANS LE GENOCIDE
rwanda"Il ne peut y avoir de neutralité face au génocide, d'impartialité face à une campagne d'extermination dirigée contre un groupe de population". Rapport de la Commission indépendante d'enquête sur les actions de l'Organisation des Nations unies lors du génocide de 1994 au Rwanda.

Pourtant, malgré l'évidence du génocide, l'attention de la communauté internationale est davantage tournée vers l'évacuation de ses ressortissants. Ainsi, le génocide se passe sans qu'interviennent les forces des Nations unies sur place ou les puissances occidentales.

Le 12 avril 1994, suite à l'assassinat de dix casques bleus et de la première ministre rwandaise, la Belgique retire ses troupes de la force des Nations unies. Par cette décision, le gouvernement belge prive les Nations unies de toute possibilité d'intervenir efficacement.

Le 21 avril, le Conseil de sécurité des Nations unies rappelle 2'000 hommes de la force de maintien de la paix. A la mi-juillet, quand le Front Patriotique Rwandais s'empare du pouvoir, seulement quelques centaines d'hommes sont sur place.Up

Une coopération militaire à la limite de l'engagement

L'Accord d'assistance militaire technique du 18 juillet 1975 marque le début des relations militaires entre la France et le Rwanda. D'octobre 1990 à 1993, la présence militaire française est renforcée dès que surviennent des risques sérieux d'un retournement de la situation sur le terrain au profit du FPR. Ainsi, en février 1993, le FPR aurait très probablement remporté une victoire militaire décisive en l'absence du renfort de l'armée française.

La France ne s'est pas contentée de soutenir les Forces Armées Rwandaises (FAR), elle s'est partiellement engagée dans la guerre contre le FPR : les militaires français ont dû rappeler à l'état-major rwandais les méthodes de raisonnement tactique les plus élémentaires, l'aider à préparer et à donner des ordres, à établir des cartes S'agissait-il toujours d'une simple mission d'assistance et de conseil ?

Par ailleurs, dès le début des années 90, le régime d'Habyarimana a obtenu un soutien diplomatique et idéologique de la part du gouvernement français : ce dernier n'a pas su apprécier à sa juste valeur la dérive politique du gouvernement. Les pressions exercées sur le président Habyarimana pour une démocratisation de son régime sont restées faibles et sans commune mesure avec l'intensité de la coopération militaire.

La France et le génocide

Durant le génocide, la France soutient le désengagement des Nations unies
au Rwanda par le vote au Conseil de sécurité de la résolution 912, le 21 avril 1994, qui réduit la MINUAR à moins de 300 hommes sur le terrain.

Par ailleurs, lors de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme des Nations unies de 1994, la France bloque la mise en accusation "d'actes de génocide contre les Tutsi " portée par la Commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'homme au Rwanda, pour éviter que ce pays fasse l'objet d'un débat public.

En outre, une unité de l'armée française, le Détachement d'assistance militaire d'instruction (DAMI) aurait également entraîné une milice, laquelle a donné naissance aux escadrons de la mort, les Interahamwe.Up

En juin 1994, le gouvernement français lance l'"Opération Turquoise", sous mandat des Nations unies. Cette opération permet l'installation d'une zone de sécurité dans le sud-ouest du pays, ce qui a contribué à protéger la population civile des attaques des forces armées et des milices, ainsi que de celles du FPR. Toutefois, cette zone a aussi permis le passage de membres du gouvernement génocidaire à l'étranger et ce sans que la France ne procède à leurs arrestations. De plus, l'activité des milices et des FAR n'a pas totalement été maîtrisée dans cette zone.
Article complet sur: RWANDA • Le génocide des Tutsi

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